24 août 2010

L'anecdote + Le visionnement

Il y a de ça quelques mois, je descends au sous-sol et j'me dis « Hey, The New York Ripper! Ça doit bien faire un bon 10 ans que j'ai pas vu ça. » Je mets la cassette dans le magnétoscope, j'éteins toutes les lumières, je m'installe avec mon lait au chocolat et j'appuie sur PLAY.



Bruit étrange, l'image prend du temps avant de kicker à l'écran,... FUCK!!!! J'ai compris une seconde trop tard. Je bondis du divan, appuie sur STOP, puis sur EJECT... rien à faire. Le ruban de la cassette est pogné ben dur dans le vidéo. Ah ben tabarnac.

Je viens de scrapper ma VHS originale de The New York Ripper, la cool édition d'Anchor Bay, celle avec le gros boîtier en plastique rouge!



Enragé, je sors le vidéo du meuble, débranche les fils RCA, arrache presque la plug du mur et me lance dans le garage avec le sacrament de sale.

Armé d'un tournevis étoile, j'ai envie de le poignarder à répétition, mais j'enlève plutôt le couvercle, déprends le ruban, réussis à extirper la cassette, réinsère le ruban du mieux que je peux dans le boîtier...



J'étais tellement en calisse! J'ai lancé le vidéo par terre, dans le garage toujours, sur le béton, près de la poubelle, prêt pour le truck à vidange du mardi. Je dois maintenant m'acheter un autre vidéo, j'ai encore trop de bonnes vieilles VHS à (re)visionner.

Criss de vidéo de marde. C'est pas comme si c'était la première fois que ça m'arrivait en 20 ans; c'est juste que ça fait plusse chier quand c'est un film original.

Maintenant, la tâche de me repogner un VHS s'annonce plus ardue que prévu;

Wal-Marde : magnétoscope gris d'une marque pourrite, 4 têtes, son mono,... MONO!

MONO!!!!!

Pourquoi pas la radio AM un coup parti? Un lecteur de 8-track? Une console Atari 2600 intégrée? Un gramophone?

Y'avait aussi, de la même marque de marde, un Vidéo/DVD... 2 appareils pour 1, certes, mais deux pourris? Wow, quel bon deal. Next.

Best Buy : uniquement VHS/DVD ensemble, meilleure marque, mais quelque chose comme 119 piasses. Euh, non. C'est pas les lecteurs DVD qui manquent dans la maison, j'en ai pas besoin d'un douzième.

Centre Hi-Fi : même chose qu'au Best Buy, mais avec des enregistreurs VHS/DVD en plus... (219 $, 329 $, etc.). Tu mets ta vieille VHS dans une fente, tu mets un DVD-R dans l'autre et tu copies ta cassette sur un disque. Pas pire, mais je veux garder mes vieilles VHS originales moi! Je veux pas recopier tous mes films en DVD-R. Du moins pas pour l'instant.



J'ai évidemment pensé au pawn shop, mais à quoi bon... 25 piasses pour un VHS qui a 14 ans de vie dans le corps, qui a enregistré 6 345 heures de téléromans à chier et qui a vu dérouler en lui 2 453 films loués? Euh, non. Aussi ben pitcher mon 25 piasses dans l'canal, juste en face de chez nous.

Hier, en allant souper chez mes beaux-parents, que ne vois-je pas sur la table de la salle à manger? Une télé avec un lecteur VHS intégré! Tsé, ce que tout le monde avait dans la cuisine, sur un p'tit meuble cheap en cartron, y'à de ça 15 ans? Une amie de ma belle-mère lui a fait ce cadeau. (?!?!)



À défaut de sauter de joie, j'ai sauté sur l'occasion. Allez hop, je lance l'antiquité dans ma voiture, direction : un certain sous-sol de Laval!

J'insère la cassette dans la fente, appuie sur PLAY, et... après quelques secondes de statique à l'écran, merci au ruban magané par mon esti de vidéo de marde, hourrah! Le film est intact. Moi qui suis habitué de regarder mes films sur une télé HD de 42 pouces, avec le son dans huit speakers disséminés un peu partout dans la pièce,... 'fallait me voir, installé sur le divan, cette petite télé sur une mini-table chancelante devant moi, même pas de télécommande (l'horreur! Je dois me lever, comme dans l'ancien temps! L'HORREUR!),... Étonnamment, l'image, ainsi que le son, sont vraiment top shape. Ne jamais sous-estimer Toshiba. C'est quand même pas une TV Le Choix du Président.


C'est ce qu'on appelle un setup à la bonne franquette


Bon dieu que mes murs sont drabes... ça manque cruellement de posters de Evil Dead

J'ai pris quelques notes pendant mon visionnement.

Compte rendu :

The New York Ripper
De Lucio Fulci - 1982



- Le film ouvre sur un vieux criss qui promène son chien sur le bord du fleuve Hudson; alors qu'il se penche, il dit, tout bonnement, comme ça, « Urgh, my balls. » [traduction libre : « Arg, mes couilles!, que je viens d'écrapoutre en me penchant... »] C'est tellement gratuit, c'est tellement n'importe quoi, que ça force le respect. Du grand Fulci.

- Le vieux lance un bâton, son chien le rapporte; le vieux relance le bâton, son chien le rerapporte; le vieux rerelance le bâton, son chien... ramène une main de femme, dans un état de putréfaction avancée, trouvée dans les buissons. Le vieux fait la même face que lorsqu'il s'est coincé les gosses, puis, gros plan sur la main dans la gueule du chien; arrêt sur image; générique. That's right. TOUT le générique défile sur l'image de la main dans la gueule du chien. Du grand Fulci.



- Une jeune femme en tenue affriolante se balade à vélo dans New York; avant d'embarquer sur le traversier, elle perd l'équilibre de façon totalement loufoque et non crédible et scrappe le côté passager d'une voiture arrêtée; le type pète les plombs et lui garroche :

« You women should stay home where you belong! You've got the brain of a chicken! »

[Traduction libre : « Ah, vous, les femmes,... vous devriez rester à la maison et ne jamais en sortir! Vous avez le cerveau d'une poule! »

Rien de moins.

- Les prises de vue du New York des années 80 sont excellentes : les rues, les voitures, le pont, le traversier, les peep shows, les cinémas,... la faune des années 80 dans toute sa splendeur. J'adore ces plans historiques de New York, façon Maniac, Basket Case, etc.

- Le premier meurtre du film, celui de la fille à vélo, est pas mal hardcore, quoique totalement raté avec ses effets cheaps. Mais ça demeure pas moins malsain à souhait [la fille se fait transpercer à répétition par une arme blanche, dans la voiture du type qui l'avait insulté avant d'embarquer à bord]. Quand vient le temps de descendre du traversier... la voiture, avec la fille morte à bord, ne bouge pas. Le gars derrière, dans son gros camion pickup, est tellement en tabarnac, qu'il rentre dans le cul de la voiture et la pousse violemment, dans le genre « AVANCE!, CALICE! » Ahahaah, trop bon. C'est tellement nowhere comme fin de scène! J'me pissais dessus.



- Fulci dans le rôle du chef de police! Ah ben sac à papier.

- Le tueur parle toujours avec une voix de canard, en personne comme au téléphone... genre Donald Duck... Freakant.

- Le psychologue de la police (un type fade, gay et barbu) passe tout le film à jouer aux échecs... seul! Contre l'ordinateur d'un vieux jeu électronique Radio Shack pourri. On se croirait en 1982... Oh, right,...



- Le lieutenant Fred Williams fume TOUT LE TEMPS, PARTOUT, TOUT LE TEMPS, ET PARTOUT. Aaaaaaaah, les années 80,... quand on fumait au bureau, à l'hôpital (!), à la bibliothèque, en cour devant le juge,... Il doit fumer à peu près 285 cigarettes pendant le film.

-Un homme et une femmes fourrent font l'amour sur un lit, devant une foule d'excités, genre au Cinéma l'Amour,... Je regarde la femme et je me dis : « Hey!, c'est pas Zora Kerova ça?? Madame "je suis une hostie de folle" dans Anthropophagus?». Fin de la performance, elle se couvre, s'engouffre dans sa loge. C'est bien elle! Ah ben baptême. Je savais pas qu'elle avait fait une telle scène de cul, full frontal and all. Panne d'électricité. Extrait de dialogue : « Joe? Joe? That fuckin' asshole idiot Joe! Damn it, Joe! Is that you? Joe?! Son of a bitch! Joe? Is that you?? ». Pendant deux minutes. Insupportable. Puis, elle se fait tuer. D'aplomb. ...à coups de bouteille de vodka cassée!!! Rien de moins.



- Le lieutenant Fred Williams couche avec une prostituée... c'est peut-être aussi sa blonde, ce n'est pas très clair. Le lieutenant, à sa pute : « Don't be a dumb bitch... » Ha ahahah! Du grand Fulci. J'me pissais dessus.

- Le lieutenant Fred Williams fume directement sous une affiche NO SMOKING. Tordant.

- Une femme qui traîne dans un bar louche se fait passer le doigt... pardon, des orteils, sous la table (!!).


Les orteils du type font connaissance avec la madame


L'ami du type, visiblement excité par toute l'affaire, l'encourage à aller toujours plus profond loin

- Peu de temps après, la dame en question se fait tuer. D'aplomb. Elle se fait bousiller la gueule à coups de (scalpel??). Sick.



- À l'affiche d'un cinéma, au détour d'un plan rapide : An American Werewolf in London.

- La musique est pas mal poche... espèce de disco-jazz-fusion-moche... ouin.

- Le psychologue de la police (un type fade, gay et barbu) a un penchant pour les revues cochonnes avec photos d'hommes seulement... au détour d'un plan rapide, alors qu'il feuillète une revue avant de l'acheter, on voit un gros plan de pénétration anale. Du grand Fulci.


Le lieutenant Fred Williams et le psychologue de la police (un type fade, gay et barbu)

- Le psychologue de la police (un type fade, gay et barbu) est toujours accompagné de son genre d'assistante, une jeune noire qui ne sert ABSOLUMENT À RIEN... elle lui tend des rapports, attend que les résultats sortent d'un espèce de gros ordinateur poche des années 80 (oh, right,...), le suit un peu partout, ne dit jamais un mot,... TOTALEMENT INUTILE.

- Arrive enfin le super meurtre sordide tant attendu... une femme (la pute, également connue sous le nom de « peut-être la blonde du lieutenant Fred Williams ») se fait découper à coups de lame de rasoir... Le ventre... l'oeil (sacré Fulci)... les mamelons... le visage... Malaise. Sick.











- Le tueur est finalement mis hors d'état de nuire. Il se mange une balle en pleine face, dans la joue, une balle qui lui passe bord en bord de la tête. Ouache! Nice.

- La fin est super poche. Défaut de montage? Bobines mélangées? Mystère.

- Générique. J'apprends sur IMDb que Michele Soavi jouait le rôle (non crédité) d'un type qui achète un journal. Ah ben calisse. L'ai même pas spotté.

Il me reste encore quelques bonnes vieilles Anchor Bay à revoir (j'en ai vendu au fil des ans... oui, je sais, moi aussi je me trouve vraiment cave d'avoir fait ça) :



L'automne s'annonce « VHS ».

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31 juillet 2010

C'est mardi! C'est juste 5 piasses!

Certaines gens se demandent pourquoi les salles de cinéma sont de plus en plus désertées au profit des cinémas maison dans nos sous-sol... On parle d'individualisme, de la peur de sortir de chez soi, de paresse, c'est de la faute à Internet, les gens ne vont plus à l'épicerie, au cinéma, à la messe, etc.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c'est pas compliqué; je vais pratiquement N'IMPORTE OÙ SAUF AU CINÉMA. Je suis passé d'une fois par semaine à une fois aux deux semaines. Puis d'une fois aux deux semaines à une fois par mois. Puis d'une fois par mois à une fois aux deux mois. Puis d'une fois aux deux mois à une fois aux six mois.

Et c'est pas de gaieté de coeur, je vous assure. J'adore aller au cinéma. Vraiment. J'ai toujours aimé ça. Je suis un maniaque de films, je me tape des blockbusters, des films de répertoire, des films en russe sous-titrés en espagnol, je suis ouvert à TOUT.

C'est peut-être moi qui prends ça trop à coeur, mais s'engouffrer dans une salle sombre a quelque chose de magique, de mystérieux, d'haletant. C'est d'accepter la game de payer 10 piasses contre un deux heures d'aventure. Contre un 90 minutes d'un autre univers. Contre un 75 minutes de l'oeuvre de toute une équipe.

Donc... quand je paye 10 piasses, que ce soit pour aller voir Wolverine Origins, Les doigts croches, Terminator 4 ou Vickie Christina Barcelona, c'est la même chose; je m'en vais là me faire raconter une histoire, je m'en vais là assister à tout un spectacle, je m'en vais là m'émerveiller (ou non) devant une oeuvre unique sur laquelle des dizaines de gens (voire des centaines pour les produits hollywoodiens) ont bûché des semaines (voire des mois pour les produits hollywoodiens) de leur vie.

Et il se passe quoi?, au cinéma? Ben, deux choses; ça dépend si tu tombes sur une gang de jeunes, ou sur une gang de vieux.

Le jeune cave :

- Il s'achète une grosse sloche à 6 piasses qu'il va boire à moitié, et dont l'autre moitié va se retrouver sur le plancher parce que son chum de gars lui aura, pendant le film, crisser une binne sur l'épaule en guise de réponse à sa joke poche;

- Il s'achète une chaudière à plancher à 7 piasses remplie de popcorn qu'il va manger à moitié, et dont l'autre moitié va se retrouver sur le plancher parce qu'il s'amusait tout le long du film à en pitcher à Sonia, la p'tite cute facile qui, la connasse, a osé s'asseoir à côté de Yannick au lieu d'à côté de lui; quel affront!

- Il ne se gêne pas pour commenter à voix haute les péripéties qui se déroulent à l'écran, dans le genre « Hey le gros, ouvre pas la porte, hostie! La folle est là! », gueulage pathétique que seule sa bande de chums trouve ben drôle, soit les 7 personnes à sa gauche et les 5 à sa droite (oui oui, ils ont pris possession de toute une rangée);

- Il reçoit trois appels pendant le film, qu'il prend, sur son cell dont il n'a pas cru bon fermer la sonnerie avant d'entrer dans la salle; le premier appel, c'est Sébass qui veut savoir s'il achète une 12 ou une 24 de Bud Light pour la plage d'Oka demain, avec les chicks de l'équipe des cheerleaders des Lions de Terrebonne; les deux autres appels, c'est deux de ses clients qui veulent « du weed pis du speed pour 'à soir »;

- Il envoie entre 6 et 8 textos de son cell, TOUS à l'attention de gens assis à sa gauche ou à sa droite; qui trouvent ça ben drôle quand ils le reçoivent;

- Il quitte la salle au moins deux fois pendant le film pour aller voir ses chums qui sont allés voir un autre film, dans la salle à côté (tiens, pourquoi ne pas déranger DEUX salles pour le prix de UNE);

- Il va pointer son porte-clé laser rouge au moins trois fois sur l'écran pendant les bande-annonces, avant qu'un type dans la quarantaine avancée lui fasse des gros yeux, ce à quoi il répliquera par son plus beau « Yo, what the fuck, check ailleurs. »;

- Il va cogner entre 35 et 150 fois sur le banc en avant de lui, tout dépendant de la longueur du film.

La vieille matante :

- Elle va s'acheter un hot-dog et un café avant d'entrer dans la salle, en prenant bien soin de répéter, à voix haute, au moins quatre fois pendant le film : « Hey, des hot-dog pis un café... y'avait pas ça dans not' temps hein?, Carole? C'est rendu fou! »;

- Elle va demander à chaque trois minutes, à sa criss d'amie Carole, à voix haute : « C'est qui lui? S'tu l'gars de tantôt? », « Hey!, Hey!, yé pas parti dans la bonne direction! », « J'comprends pus rien... c'était pas son amie elle, tantôt? », sans oublier le classique « Hey!, c'est Marc Béland! C'est lui qui jousait le mongol dans Annie et ses hommes! »;

- Elle va se lever trois fois pour aller pisser pendant un film d'à peine 1h 30; merci café.

Je vous jure que j'ai déjà assisté à tout ça. Souvent. Trop souvent.

Alors après, qu'on ne me demande plus pourquoi je préfère m'abonner au club vidéo, à The Movie Network et à Cinépop, en plus de m'être acheté une 42 pouces plasma HD et un lecteur DVD upscaling qui « imite » le HD pour que ça fitte avec la télé...

C'EST PARCE QUE JE VEUX LA SAINTE HOSTIE DE PAIX, CALISS.

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28 janvier 2008

Rester couché

Lundi matin, 7 h 28, Tim Hortons, Palais des congrès

Nous sommes tous en ligne comme du bétail. Comment fonctionner sans café? Impensable. Tellement impensable, en fait, que je n'ose même pas y penser.

**
La femme juste devant moi : Hi, one small coffee, one milk, please.

La caissière : Four milks? [dit-elle en foutant quatre doses de lait dans un verre de grandeur... moyenne]

La femme : ?!... ONE MILK! ... and I want a small cup!

La caissière : Oh... [on jette tout, on recommence]

[transaction]

**
Mon tour

Moi : Bonjour, un très grand café, une crème-deux sucres svp.

La caissière : Une crème et?

Moi : ... deux sucres.

[fouille dans mon portefeuille, ne regarde pas ce qu'elle fait]

Caissière : 1,74 $ svp.

Moi : Je t'ai demandé un très grand, tu m'as fait un grand, pis tu me charges le prix d'un très grand.

La caissière : Oh... [on jette tout, on recommence]

Moi : Une crème-deux sucres [avant qu'elle ne me le demande]

La caissière : 1,74 $ svp.

[transaction]

Moi : Je t'ai donné un 10, tu m'as remis le change pour un 5...

La caissière : Oh...

Moi : ...

[elle me remet ce qu'elle me doit; « Bonne journée » dis-je, avant de quitter cet endroit de malheur]

**
Les écouteurs de retour dans les oreilles, je mets mes gants, j'enroule mon foulard, j'attache mon manteau, je sors.

Je marche d'un pas décidé vers le travail, prêt à attaquer ce lundi qui...

Mon café! ... l'ai oublié sur le comptoir.

Tabarnac.

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2 octobre 2007

Tu sais que tu travailles de la maison lorsque...

..tu déjeunes à 7h00, tu fouilles dans le frigo à 10h00, tu dînes à midi, tu fouines dans le garde-manger à 15h00, tu soupes à 17h00, t'as pris 3 kilos dans ta journée;

..tu reçois 14 appels par jour pour des criss de thermopompes, des abonnements au Journal de Mourial et des forfaits de cellulaire;

..tu te rases aux quatre jours, et encore;

..tu arrêtes au beau milieu d'une phrase pour prendre ta douche;

..tu arrêtes au beau milieu d'une phrase pour faire une sieste de deux heures;

..tu arrêtes au beau milieu d'une phrase pour aller faire des commissions chez Wal Mart;

..tu arrêtes au beau milieu d';

..tu passes plus de temps sur MSN, sur les blogues et sur les sites de nouvelles que dans tes documents;

..tu commences à oublier c'est quoi interagir avec d'autres êtres humains, et quand tu en croise un, tu bafouilles un peu avant de reprendre le beat;

..tu commences à te dire que des poissons rouges sur ton bureau seraient d'excellente compagnie;

..tu travailles en pantoufles, en boxer et en coton ouaté avec un loup;

..tu prends le temps d'écrire un tel billet, de prendre une photo de ton aire de travail (avec horrible boîte de Kleenex™ qui jure avec le reste) et de publier le tout.

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28 septembre 2007

La ville

Enfin, nous aurons un trottoir devant la maison! Enfin, nous aurons une rue!

9h06 : c'est l'heure de la pause; bien méritée, les gars!



















9h26 : bon, ça fait déjà 20 minutes... au boulot!



















9h53 : on paye ça a'ec nos taxes, calisse.

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30 août 2007

La fatigue

À 6:10 ce matin, tel un seul homme, j'étais déjà devant mon ordinateur en train de traduire.

Mais je me suis couché tard hier.

Et je n'ai pas très bien dormi.

Je vais faire un tour sur LCN, site de nouvelles que j'adore détester; un nombre effarant de nouvelles sans intérêt, rédigées avec les pieds, un puits sans fond de fautes d'orthographe, de lettres inversées et de mots manquants, bref, on a enfin trouvé notre Journal de Mourial en ligne.

Je tombe sur la une suivante :

La fripouille Andrée Boucher est arrivée à l'Hôtel de Ville

...quoi?!?

La fripouille Andrée Boucher est arrivée à l'Hôtel de Ville

AHahahahahah!, m'esclaffe-je, seul dans mon bureau, seul à la maison, seul au monde.

(Quelques synonymes de « Fripouille » : bon à rien, triste individu, fumier, racaille, gens de sac et de corde (!), etc.)

Jusqu'à ce que je réalise qu'il était plutôt écrit La DÉPOUILLE d'Andrée Boucher est arrivée à l'Hôtel de Ville.

Ahhh, chouuuuu. C'estttt plaaaaate.

Pendant une seconde, LCN était devenu mon site préféré.

Mais il n'en est rien. Ce n'est que la fatigue qui m'a joué un tour.

Un peu plus et c'est Cyberpresse qui le devenait, mais non; ils ont également opté pour « dépouille ».

Bande de chokeux va.
















Bye!

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16 août 2007

Un mois

Exactement un mois sans billet !

C'est ce que ça fait de perdre son emploi la journée même du premier paiement de la première hypothèque de votre (première ?) vie.

« Life is Live ! », comme dirait l'autre band de fi... Finlandais ? M'enfin.

Stay tuned, we'll be right back after these messages.

I shall rebondir and revenir en force.

Oh, et message à mon ancien employeur :

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1 juin 2007

Nouvelle vie

Vendredi 1er juin : sprint final


Samedi 2 juin : le mariage


Dimanche 3 juin : départ pour le Portugal


Lundi 25 juin : le retour


Salut !

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18 mai 2007

La musique, une drogue ?

Mon lecteur MP3, ce matin, tout fier de m'annoncer :

La pile est trop faible, vous serez privé de musique ce matin; vous allez mourir.

Scandale, Horreur, Agonie. Ça doit bien faire 15 ans que je n'avais pas pris l'autobus et le métro sans écouteurs vissés sur les oreilles. Je sais maintenant que cette situation ne doit plus jamais se reproduire.

Comme ça, au hasard :

...ouin pis tsé l'gars, y'était con en criss ! Moi j't'ais comme, Hey!, man, t'es hot, mais t'es con en criss !

...j'te jure, mon patron est tellement sauvage des fois,... Une chance qu'yé beau...

...fait chier le métro à Laval, ça fait moins champêtre, tu trouves pas...

...j'écoute juste les games du Canadiens, faque là, j'écoute pus rien...

**
La musique, une drogue ? Non, un isolant.

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18 avril 2007

Mode d'emploi confusant

Lu ce midi sur le mur au-dessus de la toilette, Presse Café, Notre-Dame/Saint-Laurent :

Appuyer
Pour la toilette
___
To flush


Euh,... Évidemment.


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16 avril 2007

Carte expirée depuis 500 ans

Entendu ce matin dans le métro :

Père : Hey, finalement, Jérôme m'a passé le livre, tsé l'estie de grosse brique de l'auteur du livre avec les chevaux pis les enfants que je te parlais l'aut' fois...

Fille : Ah ouin? Ça fait un boutt' de d'ça.

Père : Ben quin. Mais fallait toujours ben qui finisse de l'lire avant.

Fille : Ouin, mais t'aurais pu le prendre à bibliothèque, tu l'aurais eu ben avant. T'es-tu abonné?, t'as-tu une carte?

Père : Wé wé, j'ai ma carte du Moyen Âge.

Fille : Du Moyen Âge?!

Père : Euh, criss, pas du Moyen Âge, de l'âge d'or j'veux dire! Ah pis d'la marde, ça compte pas; c'est le matin, yé d'bonne heure, j'ai le droit de me fourrer dans mes périodes d'humanité, bon.

Fille : ahahhaah!

Père : ahahhhaah!

Tout le reste du wagon : ...

-Tous à la bibliothèque ! Ils viennent de recevoir
La Chanson de Roland !

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25 mars 2007

Évidence

Ceci est le billet numéro 100.

Ben coudonc.

Yé.

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12 mars 2007

DUMONT !

Quand je suis arrivé chez moi, mon répondeur débordait.

Deux messages;
ma douce, puis ceci.

(Retranscription extrêment fidèle, je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux; j'ai dû écouter le message six fois tant je n'y croyais pas.)

[un homme dans la cinquantaine]

"Oui bonjour ici c'est le 514.748.1414, on est l'Action démocratique du Québec, la ADQ, on espère compter sur votre vote ce serait super merci, et on voulait connaître votre opinion sur vous savez hier, à l'émission Tout le monde en parle, Mario Lemieux y était, et on pense que ça a super bien été, tout était beau, Mario Lemieux était charismatique comme ça fait longtemps qu'il n'avait pas été, donc si vous voulez nous rappeler pour nous donner vos commentaires sur ce que vous pensez, ce serait...

[voix féminine près de lui] : Dumont !

...vraiment bien gentil ... Hein ?


[la même voix, toujours aussi intense] : Dumont !, Mario DUMONT !!

Ahahah, ben oui! Je disais Mario Lemieux tout c'te temps-là! ahahah, ben oui, Mario Dumont, bien sûr; Mario Lemieux n'était pas à Tout le monde en a parlé hier ! DUMONT ! Merci monsieur, bonne soirée, au revoir."


Compl
ètement surréaliste.













-Check ma belle pancarte...












-C'esssst bon ça !

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15 février 2007

Retour à la vie

Un passant, qui ne fait que passer
Une masse inerte, dans la neige
Un sac poubelle, se dit-il
Non

Paniqué, le passant appelle
L'ambulance met peu de temps à arriver
L'homme qui repose là
C'est mon père
Mort dans un banc de neige

Les sirènes, la vitesse
Les efforts
La réanimation

Il revient de loin
Il revient du froid
Il revient jusqu'à la prochaine fois.

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5 février 2007

Confirmation

Je reviens d'un café Van Houtte. Devant le bâtiment, que dis-je, devant la porte, une camionnette aux couleurs de la franchise. J'entre, prends une salade pour emporter, paie, sors.

C'est alors que deux hommes sortent de la camionnette AL VAN HOUTTE... chacun un café TIM HORTONS à la main.

Le café Van Houtte, imbuvable? Je l'ai toujours pensé.

Faut croire que leurs employés aussi.

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23 janvier 2007

Technologie

Enfin, 16h30. Je me dirige vers la station Place-d'Arme. Je marche sur la rue St-Sulpice et, juste avant d'arriver à Notre-Dame, un homme sorti de nulle part (en fait, il traînait près d'un parcomètre, ça fait longtemps que je l'avais vu) se dresse devant moi. Disons seulement qu'il a bondi près de moi quand je suis arrivé à sa hauteur. Ce n'est clairement pas un itinérant. J'opte pour un banlieusard qui veut quatre trente sous pour une piasse pour garer sa voiture.

-Hey you, you speak English?

-Oui.

-Ah, tu parles français aussi!

-...

[je m'arrête]

-Tu m'as l'air d'un gars riche toé, le genre de gars qui s'rait intéressé à acheter ce que j'ai pour toé!

-J'ai l'air riche?!? hahahah! N'importe quoi.

-Non, non, chu sérieux, tsé! Check ça ce que j'ai pour toé.

Il sort un bidule de ses poches. On dirait une pagette, ou un petit lecteur MP3. À moins que ce ne soit un briquet? À moins que je m'en foute éperdument?

-Check ça man.

Check ça man,... Check quoi? Qu'est-ce que je fais encore ici, moi, à l'écouter? Je serais presque déjà rendu au métro, j'ai hâte de rentrer chez moi, je n'ai pas l'habitude de jaser avec des étrangers, bref, qu'est-ce que je crisse encore ici, aux abords de la Basilique Notre-Dame, à me taper une démonstration Tupperware...

-Check ça man.

[bip]

C'est le bruit que fit son petit machin lorsqu'il appuya sur le bouton. Mais ce n'est pas ça le plus surprenant. Le plus surprenant, c'est qu'il venait de faire ça à trois pouces du parcomètre.

-Check!

[je m'approche de lui, et donc du parcomètre]

C'est un parco électronique, non pas l'ancien modèle aujourd'hui en voie d'extinction. Je vois bien qu'il pointe l'affichage, excité comme un enfant qui me montre sa nouvelle bébelle.

FAIL

Fail comme dans erreur, Fail comme dans panne, Fail comme dans hors d'usage.

-Malade, hein? C'est moé qui a fait ça! Check, check, on va en faire un autre!

-!!

Je ne sais trop pourquoi, mais je l'ai jusqu'à l'autre parcomètre, à quelques pieds de là. Je regarde l'affichage, tout est en ordre; il reste 23 minutes, mais aucune voiture n'en profite.

Il approche son petit truc qui, plus je le regarde, ressemble à une petite télécommande de démarreur à distance.

[bip]

FAIL

Je l'ai vu passer, le temps d'un bip, de :23 à FAIL.

-Incroyable.

-Hein, hein? C'est malade, hein? J'en ai 3-4 de même dans mes poches. C'est moé q'yé zâ faites.

-C'est toi qui patente ça?

-Wé monsieur. Avec ça, tu parques partout sans payer. 500 piasses pis yé t'à toé.

-Hahaha! C'est pour ça qu'tu m'disais que j'avais l'air riche!

-C'est pas cher!

-Oui c'est cher.

-C'est pas cher!

-Oui c'est cher.

-Ben laisse faire d'abord! Y'en a d'autres qui vont l'acheter, TANT PIS! Paye la ville comme un cave!

-!!

Il pointe le parco juste à côté, [bip], FAIL, puis il presse le pas vers St-Paul. Comme ça, gratuitement, juste pour fucker un autre parcomètre avant de partir!

Je le regarde s'éloigner. Il croise un de mes collègues, mais sans l'interpeler. Le collègue me reconnaît :

-Hey, salut! Kess tu fais là, tu m'attendais? ahahahh

-Man, tu viens de manquer toute une démonstration Tupperware...

Je lui ai tout raconté, et on a parlé de cette incroyable histoire jusqu'à ce qu'il descende à Crémazie.


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29 novembre 2006

Histoire de chien-chaud

Hier soir, 23:22. Je fais le pied de grue à la station Henri-Bourassa, car à cette heure tardive, mon autobus passe environ aux quatre jours. Légèrement affamé, gracieuseté d'une journée de fou au travail, je traverse la rue, direction La Belle Province, restaurant dans lequel je n'avais pas mis les pieds depuis des années.

-Salut, je vais prendre un steamé-ketchup pour emporter s'il te plaît.

-Pour emporter Sac ou Din mains ?

-Non non, pas besoin de sac, merci.

[pitonne sur sa caisse, approche doucement ses lèvres du micro]

-UN KETCHUP DIN MAINS !!!

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2 novembre 2006

Top 15 de l'immobilier

Ma copine et moi sommes présentement à la recherche d'une maison. Et on en voit de toutes les putains de couleurs.

Pour fêter en grand mon quarante-neuvième billet, voici quelques trucs pigés à gauche et à droite, en haut comme en bas, ça et là et à la bonne heure, sur différents sites de maisons à vendre.

C'est parti.


15- Propriété dont l'intérieur a été pratiquement complètement refait à 90 % en 2002.

Mmmm... Confus, non ?


14 - PRES DU TREN DE BANLIEU.

Premièrement, ARRÊTE DE CRIER; deuxièmement, jamais vu train écrit aussi poche de toute ma vie.


13- Dès notre arrivée, on constate que l'intérieur de la propriété est chaleureux. Dès notre départ, on le reconstate encore.

C'est chaleureux longtemps !


12- Tiroirs glissants pour tout ranger avec facilité.

Tiroirs glissants ?!? Euh, comme la plupart des tiroirs sur la terre, non?


11- Grand deck donnant la piscine.

Que le grand Cric me croque ? Non, que le grand deck me donne une piscine.


10- Super très grand terrain idéal pour promoteur, contracteur et projet de rêve.

De un, c'est grand en maudit; de deux, trouvez l'intrus. Si vous pensez que projet de rêve est une appellation de personne, euh, ben, non.


9- Tuyauterie pour aspirateur central et fenêtres battantes.


Chérie, appelle le plombier, la tuyauterie des fenêtres battantes est finie.


8- Cause de la vente décès du conjoint. Pour plus d'information demander Carmen ou Sylvain au 1-819-xxx-xxxx.

Euh... Yé pas mort, Sylvain ?!?


7- Situer dans un cul-de-sac, services toutes payees. Acces facile a toute, quelques minutes du terrain de golf, du train et du golf.

Passons outre les fautes scandaleuses. Pis, t'as-tu hâte d'aller jouer au golf ?


6- Grande cuisine avec ses 34 portes arm mel blanc, Porte patio dans la cuisine.

T'es sûr que la porte patio est dans la cuisine ? Y'a encore de la place, même avec tes 34 portes d'armoire ?!? Et en mélamine blanche en plus; iiiiiiiiiiii, tout un argument de vente ! ...si on était en 1988.



5- Idéal pour bricoleur capable de voir le produit fini.

C'est discret en maudit ! Idéal pour bricoleur capable de voir le produit fini, c'est quoi ça, un synonyme pour vieux shack tout croche ?


4- Le toit a été fait et refait et couvert et recouvert de métal il y a 3 ans selon les dires du propriétaire.

Mal fait donc refait, et mal couvert donc recouvert ? Et pas de facture en plus ? Mais bravo !


3- Secteur de choix, poche pour tous les services.

Hahahahahahah!


2- A l'extérieur on remarque que le stationnement peut recevoir 4 véhicules, terrain paysager et cour arrière.

Méchant grand stationnement! Mais s'il reçoit la cour arrière, y'a quoi maintenant en arrière ? Un trou ?


1- Maision coquette 5 minuetes de montreal Proche 19 access rapid 440 Foyer su s-sol toit 94drain francais sep 2005granite transf fenetres porte devant 2005 plancher RC latte de bois cui et sfm en ceramic prop motivee.

Sacrament! C'est quoi ça ?!?

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Pagaille à Place-D'Armes

Chaque matin, travail dans le Vieux-Montréal oblige, je descends à la station Place-D'armes. Ce matin, c'est un véritable cirque qui s'est déroulé sous mes yeux, cirque dont je fus bien malgré moi l'instigateur. Explications.

Je monte l'escalier et me dirige vers les foutus tourniquets (ici et ici). J'attends patiemment en ligne pour les franchir, prisonnier dans une mer de monde (c'est après tout la station officielle du Complexe Desjardins, du Palais des Congrès, du Centre de commerce mondial de Montréal, du Complexe Guy-Favreau, de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et du Vieux-Montréal; rien que ça). Il est 7h44, comme à l'habitude.

Une vieille dame (60, 70 ans?) est plantée de l'autre côté des tourniquets, la main tendue en forme de réceptacle prêt à recevoir nos offrandes. Évidemment, ce spectacle est monnaie courante dans le coin, mais dans les trois autres coins aussi. Les gens franchissent les trucs à trois bras sans même la regarder. Il est pourtant difficile de la manquer, sa misère rayonne dans toute la station. À quelques pas de franchir à mon tour l'horreur en métal, ce qu'elle murmurait en boucle me vint enfin aux oreilles :

« Z'auriez pas un ticket de métro, je veux aller voir mon fils qui est malade. »

Bon. J'ai habité deux ans dans une tour de 18 étages au coin St-Urbain/René-Lévesque, et croyez-moi, j'ai tout, mais alors là TOUT entendu. Mes enfants sont malades, j'ai faim, t'as-tu cinq piasses pour que je m'achète du pot, juste une cenne noire pour un beau sourire, s'cuse t'as-tu deux piasses genre, etc. J'en suis venu à me faire une carapace, je n'écoute plus, je ne regarde plus, mais surtout, je ne donne plus.

Nous sommes le 2 novembre, j'ai une toute nouvelle carte autobus-métro, la dame veut aller visiter son fils, je m'adonne à passer par là et à être de bonne humeur, et c'est tout.

2+2=5.

Je sors mon portefeuille de ma poche, franchis le trépied horizontal, sors ma carte, regarde la dame, lui montre ma carte, elle sourit, moi aussi, je lui fais signe de passer, elle fait quelques pas, je passe ma carte dans la fente, et CLAC!!!

Elle franchit le truc.

-Merci monsieur.

-Bienvenue.


C'est là que tout chavire.


-HEY!! HEYYYY!!!!!!!!!!!

Hurlement primitif, dans mes oreilles, à 7h45. Je me retourne, abasourdi par tant de sauvagerie, pour faire face au malappris.

Fuck...



Deux agents de surveillance.

Et rien à voir avec cette photo. Non. Deux malabars d'environ 6 pieds 3, chaque, avancent vers moi. Deux vrais Vikings, la barbe, l'origine scandinave et le sang dans les cheveux en moins. Appelons-les, pour les besoins de la cause, Affolé et Dégénéré. Je déteste les gens qui ne savent pas vivre, agents de surveillance ou non.

Affolé : Hey! On t'a vu, on t'a vu!

Moi : ...

Dégénéré : Madame, madame!!!

Les deux agents arrivaient du Palais des Congrès, un café Tim Horton à la main. Ils sont donc du même côté de la barrière que moi. Je me retourne et regarde la dame disparaître nonchalamment dans l'escalier. J'ai soudainement l'impression qu'elle n'attendait que cela, qu'un bon samaritain lui ouvre tout grand le tourniquet de l'enfer pour qu'elle puisse enfin aller se jeter devant le métro.

Affolé : C'était qui ça? Ta mère?

Moi : Non, j'la connais pas.

Dégénéré : Tu fais passer du monde que tu connais pas?

Moi : Elle quêtait un billet. J'l'ai faite passer avec ma carte.

Des gens ralentissent le pas, observent, écoutent, attendent. À peine quelques secondes se sont écoulées depuis le CLAC fatidique. Après avoir assisté à mon crime, certains ont décidé de rester pour suivre mon procès.

Les deux mastodontes se dressent devant moi. Je ne peux visiblement aller nulle part, bien que ça ne m'ait jamais effleuré l'esprit de me pousser.

Dégénéré : C'est quoi ton nom?

Moi : Pourquoi?

Dégénéré : Tu fais quoi dans 'vie?

Moi : Traducteur.

Arriéré : Traducteur? Les traducteurs, c'est du monde brillant ça, non? Comment ça tu viens d'faire une niaiserie d'même?!?

Moi : Définissez niaiserie, s'il vous plaît.

Dégénéré : Quoi??!?

C'est alors qu'une voix féminine sort de nulle part :

-Laissez-le tranquille!

Les deux agents se retournent et tentent, tout comme moi d'ailleurs, de voir qui a dit ça.

Arriéré : Hey le monde, on s'en mêle pas OK? On continue pis on va travailler.

Dégénéré : Ta niaiserie, c'est qu'tu viens de faire passer quelqu'un a'ec ta carte, pis qu't'as pas l'droit, pis ça fait qu't'es dans l'trouble à matin.

Moi : Ok. Merci, c'est plus clair.

Un homme dans la cinquantaine, très bien habillé, coiffé, droit, mallette à la main, journal Métro roulé dans l'autre, ne se gêne pas et se plante à côté de moi :

-Hey franchement les gars, come on, y'a laissé passer une vieille madame malade...

Dégénéré : Monsieur, vous êtes qui vous, vous faites quoi là?!?!? Vous êtes pas mêlé à ça.

À ma grande surprise, l'homme va jusqu'au bout :

-M'as t'en faire chus pas mêlé à ça! On l'a vu l'monsieur faire passer la femme, on est toutes témoins, pis y'a ben faite de l'faire à part de d'ça.

Moi : Monsieur, monsieur, merci, mais j'crois pas que...

L'homme me coupe au beau milieu de ma phrase et y va de son plus beau :

-Belle gang de criss... Vous aimez ça écoeurer le monde, hein? Courez don après ceux qui font des graffitis, pis des vols, pis laissez tranquille le monde qui aide les autres, ostie!

J'étais sous le choc. C'est alors que la même voix féminine retentit à nouveau (et là j'ai vu de qui ça provenait), mais je ne pourrais reproduire ici ce qu'elle a dit, les deux agents commençaient à parler en même temps, et surtout à s'énerver, parce l'homme continuait sur sa lancée!

La situation se corsait, je ne savais pas quoi faire, j'avais envie de m'en mêler, ce fiasco étant après tout mon oeuvre, mais en même temps, je n'étais pas d'accord avec la tournure des événements.

Dégénéré commence à sortir de ses gonds. Je regarde donc Arriéré.

Moi : Je fais quoi?

Arriéré : Quoi?

Moi : JE FAIS QUOI??!?

Arriéré : Tu restes là!

Trois ou quatre passants enguirlandent maintenant les agents. Parmi eux, un homme que je vois chaque matin dans l'autobus depuis deux ans!

Moi : J'ai une contravention ou pas?

Arriéré : Hey, tu vois pas qu'on est débordés?!? Tu vois toute la marde que t'as starté?! Si t'avais pas faite ta Mère Thérésâ...

Moi : N'importe quoi...

Le conflit se dissipait peu à peu, surtout après que Dégénéré ait menacé d'émettre un constat d'infraction à tout le monde ici présent. Une nouvelle mer de monde se pointe dans le haut de l'escalier.

Arriéré et Dégénéré réussissent enfin à disperser la petite foule. Ils me font signe de me tasser sur le côté. Ils semblent tous deux ébranlés. C'est ici que Dégénéré devient Secoué, et Arriéré, Déconcerté. Et c'est ici que je passe d'Effronté à Coopératif.

Secoué : Pfffffff... Ciboire, ça s'peux-tu?!?!?

Coopératif : Désolé.

Secoué : Bon. Là, tu vas aller travailler, pis oublie pas une affaire : le métro, c'est pas gratuit, le monde, y payent pour prendre ça, pis la madame, elle aurait dû payer comme tout le monde. T'avais pas d'affaires à la faire passer.

Coopératif : Je l'sais. Désolé.

Déconcerté : Tu l'as déjà dit, ça. Awèye, circulez.

Une fois à l'extérieur, je me suis rendu compte que je tremblais un peu.

Je regarde ma montre.

7h50.

Six minutes plus tôt, j'enfreignais la loi. Six minutes plus tard, et surtout une rencontre avec deux Vikings et une horde de villageois enragés plus tard, j'étais enfin libre.

J'espère que votre fils va mieux, madame.

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10 octobre 2006

Vieillir

Samedi, j'ai aidé un ami à refaire la couverture de sa maison. 12 heures sur un toit en pente; en petit bonhomme, debout, monte l'échelle, penché, sacre, arrache, assis, descend par l'échafaudage, tire, couché, en petit bonhomme, remonte par l'échafaudage, penché, arrache, sacre, force, descend par l'échelle,...

Pendant 12 heures.

Samedi.

Nous sommes mardi matin.

On parle de 72 heures plus tard.

J'ai 29 ans.

Je fais du cardio de temps en temps, mais de la musculation? Jamais.

Résultat?

Ouch... Je n'en reviens tout simplement pas. Je me sens comme un homme de 70 ans. Dimanche et lundi, et même encore ce matin, mes cuisses me rappellent, à chaque pas, à chaque marche de chaque palier de chaque escalier, à chaque debout/assis-assis/debout, SAMEDI, SAMEDI,...

Attention, j'ai bien aimé ma journée; j'adore travailler au grand air, j'étais entouré de gens sympathiques (sur et sous le toit), je me sentais vivant, utile, On top of the world,... Mais trois jours plus tard, j'ai toujours de la difficulté à marcher? Et moi qui se croyais légèrement en forme,... Pourri.

C'est ça, vieillir? Je viens d'avoir ma première vraie claque en pleine face.

Pire, en pleines cuisses.


Toute ressemblance avec la maison sur laquelle j'ai réellement travaillé ne saurait être que fortuite.

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